Royal et Aubry se sont rencontrées dans une "très bonne ambiance"

Royal et Aubry se sont rencontrées dans une "très bonne ambiance"
Royal et Aubry se sont rencontrées dans une "très bonne ambiance"

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 26.11.08 | 14h13

Ségolène Royal a estimé que son entretien d'une heure avec la première secrétaire du PS, Martine Aubry, s'était déroulé dans "une très bonne ambiance" et qu'il fallait désormais se mettre "très rapidement au travail". Elle a ajouté qu'elle attendait "les propositions" de la maire de Lille, qu'elle devrait rencontrer à nouveau samedi.

"On a travaillé dans un très bon état d'esprit, très constructif", a poursuivi Mme Royal. "J'ai rappelé à Martine que cinquante pour cent des militants avaient exprimé une volonté très, très forte de transformation du parti". Toujours selon Mme Royal, "l'organisation d'un grand parti politique de gauche que les Français attendent au combat et au travail" a été évoquée et Mme Aubry aurait accueilli l'idée "de façon positive".

"J'attends ses propositions pour savoir sur quelles bases nous allons travailler au service des Français", a observé Ségolène Royal. "C'est très important qu'il y ait un accord politique de fond sur le changement en profondeur du PS et son ouverture vers les Français."


Plus tôt dans la journée, avant une rencontre avec son prédécesseur, François Hollande, au siège du PS, rue de Solferino, la maire de Lille avait annoncé avoir "fait appeler dès ce matin Ségolène Royal pour la voir", et qu'elle voulait "ensuite voir tous ceux qui vont nous aider à rassembler et unir le parti", comme Bertrand Delanoë ou Benoît Hamon, tout "en s'ouvrant sur l'extérieur, en écoutant, en rencontrant, en débattant". C'est là "ma première tâche politique", avait-elle déclaré.

"2012, C'EST DEMAIN"


Soucieuse d'incarner rapidement le rassemblement, Mme Aubry avait réservé ses premières déclarations pour sa rivale vaincue, Ségolène Royal. "Nous écouterons [Ségolène Royal] comme nous écouterons chacun dans nos débats". "C'est mon état d'esprit. J'espère, je crois aussi que c'est le sien", a-t-elle dit. Le PS doit "être capable de présenter dans dix jours un parti renouvelé dans son mode de fonctionnement et dans ses équipes", a-t-elle ajouté, reconnaissant qu'il fallait "prendre un peu de temps pour mettre les bonnes personnes aux bons endroits" et "projeter tout le monde dans un projet".

De son côté, Mme Royal a immédiatement fait mine de tourner la page de la bataille perdue pour la tête du parti. Dans une vidéo diffusée mercredi matin, elle prend d'ores et déjà date pour l'élection présidentielle de 2012, lançant à ses partisans : "Nous continuons !"

La nouvelle première secrétaire a refusé de commenter cette sortie de son ancienne rivale. "Je n'ai pas vu la vidéo de Ségolène, je n'ai pas de commentaire à faire, je travaille", a simplement dit Mme Aubry. "Si nous travaillons pour une beau projet, quel que soit le candidat, il gagnera", a-t-elle par ailleurs déclaré, alors que dans son message, Ségolène Royal assure : "2012, c'est demain."

# Posté le mercredi 26 novembre 2008 12:02

"Peillon a refusé de rejoindre l'équipe Aubry"

"Peillon a refusé de rejoindre l'équipe Aubry"
Dans un chat au Monde.fr, Christine Garin, journaliste au "Monde", estime que "Ségolène Royal a intérêt à se battre pour prendre la direction du PS" face à Martine Aubry, si elle veut être présente pour la présidentielle de 2012 et que "même si le parti ne ressort pas de cette crise coupé en deux, il y aura forcément, pour l'une ou l'autre, une déperdition forte de leur soutien dans l'appareil et dans l'appareil militant."

cedric : Etant donné le faible écart et le nombre des contestations, un nouveau vote ne serait-il pas la solution la plus saine pour jeter les bases d'accords futurs entre les deux "camps" ?

Christine Garin : Un nouveau vote, c'est une solution qui a été demandée par Ségolène Royal et ses partisans, qu'un certain nombre de militants réclament et trouveraient juste. En même temps, les militants socialistes ont voté déjà trois fois dans une période assez courte, et le camp de Martine Aubry - c'est la raison essentielle qui fera sans doute que ce nouveau vote ne sera pas accordé par la direction du PS -, qui s'est autoproclamée vainqueur de ce scrutin n'est évidemment pas prête à accepter une solution de ce type. On peut donc penser qu'il n'y aura pas de nouveau vote organisé.

nicolas perrette : Ségolène Royal a-t-elle intérêt à se battre pour prendre la tête du parti ?

Christine Garin : Ségolène Royal a évidemment intérêt à se battre pour prendre la direction du parti dans la mesure où elle ne peut pas espérer gagner l'élection présidentielle de 2012 si elle est en dehors du parti et si elle ne peut pas s'appuyer sur l'appareil des militants et des élus qui constituent le PS. Et de toute façon, on peut difficilement gagner une élection de ce type si l'on n'est pas adossé à un parti fort. Donc sauf à en créer un ex nihilo, on voit mal comment elle pourrait se passer du PS, a fortiori dans la mesure où il n'y a guère de place pour un nouveau parti qu'elle pourrait créer entre l'actuel PS et le centre droit du MoDem.

Doho Jp : Est-il possible en cas de défaite que Ségolène Royal décide de quitter le PS ?

Christine Garin : Personnellement, je pense qu'elle ne quittera pas le PS, mais en même temps, on ne peut pas totalement écarter qu'il y ait une véritable scission, sous une forme ou une autre, si l'issue de cette crise n'est pas trouvée.

Feval : Ne serait-ce finalement pas dans l'intérêt de Mme Royal de fonder un nouveau parti ?

Christine Garin : Encore une fois, fonder un nouveau parti pour Ségolène Royal, la question n'est pas tellement de savoir si c'est ou non son intérêt, mais plutôt d'interroger la faisabilité de l'opération. Comme je l'ai dit tout à l'heure, on voit mal où est la place aujourd'hui, dans le paysage politique français, pour une nouvelle formation de gauche entre l'actuel PS et le MoDem de François Bayrou.

mafalda_1 : Segolène Royal pourra-t-elle s'appuyer sur tous les militants du PS après ce psychodrame ?

Christine Garin : Le problème, c'est que justement la situation est grave, précisément parce que personne, ni Ségolène Royal ni Martine Aubry, ne pourra s'appuyer sur la totalité des militants du PS à l'issue de cette crise, sauf à organiser rapidement une unité ou un rassemblement entre les deux blocs qui se font actuellement face, rassemblement qui paraît tout à fait improbable. Donc même si le parti ne ressort pas de cette crise coupé en deux, il y aura forcément, pour l'une ou l'autre, une déperdition forte de leur soutien dans l'appareil et dans l'appareil militant.

titi_1 : Est-il impossible d'envisager le scénario d'une troisième personne ?

picato : L'idée ne serait-elle pas de désigner un secrétaire différent de Royal et Aubry ?

micha : Est-ce que la seule solution ne serait que les deux courants se mettent d'accord sur un troisième nom ? Qui pourrait jouer le rôle de ce genre de candidat de remplacement ?

Christine Garin : C'est un scénario qui a été évoqué ici ou là, mais pas de manière vraiment très structurée et très forte, dans la mesure où déjà il y a une crise de légitimité entre les deux candidates arrivées finalistes dans le vote des militants. On ne voit donc pas bien où une troisième personne puiserait sa légitimité. C'est une hypothèse qui est notamment évoquée par Pierre Moscovici, qui réclame une sorte de direction provisoire, mais il est évident qu'il souhaiterait s'appliquer cette solution à lui-même, et ce simple fait rend caduque cette proposition.

HAHA : Pourquoi Vincent Peillon se tait ? Il espère que l'on fasse appel à lui pour sortir de la crise ?

Christine Garin : Martine Aubry a apparemment demandé à Vincent Peillon, qui avait été désigné par Ségolène Royal comme le futur premier secrétaire délégué si elle était élue, de rejoindre son équipe. Et celui-ci aurait refusé. Vincent Peillon ne peut pas de toute façon aller dans le camp adverse dans la mesure où il a vraiment joué dans cette campagne le rôle de premier soutien de Ségolène Royal.

fiatlux : Et une direction bicéphale, en mettant les couteaux au vestiaire ?

Christine Garin : Une direction bicéphale entre deux personnes qui se haïssent de toute éternité et qui ont vécu ces derniers jours dans un climat d'hystérie et de détestation absolue, ça ne paraît pas très réaliste comme solution. A fortiori si l'on rappelle que l'une et l'autre ont, sur des points importants comme l'organisation du PS, sa nature et des questions très politiques comme les alliances avec le MoDem, des positions radicalement différentes.

Rafale : La solution simple ne pourrait-elle pas être que F. Hollande reste au poste un an de plus en attendant que cela se décante ?

Christine Garin : Je pense que ce serait la pire des solutions, et que cette solution, qui n'est envisagée par personne, serait de nature à susciter une véritable révolte de la base du PS, qui considère que la direction sortante traîne une très lourde responsabilité dans la crise actuelle.

madison.twist : Est-ce qu'il serait envisageable que M. Aubry prenne la direction du PS avec la promesse à S. Royal qu'elle représenterait le PS à la prochaine élection présidentielle ?

Christine Garin : C'est une solution absurde, dans la mesure où Martine Aubry, si elle est sortie de son silence et de sa mairie de Lille, ce n'est évidemment pas uniquement pour siéger rue de Solferino, mais parce que cette étape lui permet d'envisager d'autres échéances, notamment la présidentielle de 2012. Donc on peut dire sans beaucoup se tromper qu'elle n'a sans doute nulle intention de laisser Ségolène Royal devenir la candidate à la présidentielle tandis qu'elle resterait à la manoeuvre à la tête de l'appareil socialiste.

picato : Les instances du PS ont-elles une botte secrète pour sortir de ce guépier ?

Christine Garin : Je n'ai jamais entendu parler de botte secrète, mais s'ils en ont une, il serait urgent qu'ils la sortent !

salime : Cette situation pourrait-elle conduire le PS à changer son mode de désignation du premier secrétaire ?

Christine Garin : Ce serait un peu paradoxal que le PS change son mode de désignation du premier secrétaire dans la mesure où ce mode de désignation a été utilisé cette semaine pour la première fois dans l'histoire du parti. Il faut rappeler en effet que le premier secrétaire élu au suffrage universel direct des militants est un dispositif inventé par Lionel Jospin qui n'a jamais été véritablement mis en oeuvre puisque dans les précédents congrès, la synthèse s'était faite et que le premier secrétaire, à savoir François Hollande, a pour les deux derniers congrès été élu avec environ 80 % des voix.

lemovice vert : Ne peut-on considérer malgré tout que Jospin+Delanoë+Cambadélis+DSK+Fabius+Vaillant+Emmanuelli+Fabius+Aubry+Bartolone+Hamon+Moscovici+ la mitterrandie reçue en héritage = 50,02% signifie un profond échec pour eux ?

Christine Garin : On peut effectivement considérer que 50 % pour Martine Aubry, dans la mesure où elle a avec elle la direction sortante et la quasi-totalité des réseaux historiques du PS - Fabius, DSK, etc. - est un score très faible. Effectivement, François Hollande, qui représentait en gros les mêmes courants, avait été élu avec 80 % des voix.

Daniel_S. : Vous pensez que Delanoë, DSK, Fabius vont se ranger derrière M. Aubry en vue de l'élection présidentielle 2012 ?

Christine Garin : Sur les noms que vous citez, on peut dire sans se tromper que deux, si ce n'est trois, sont des candidats potentiels pour 2012, à savoir DSK et Delanoë. Quant à Fabius, on peut également dire sans prendre trop de risques qu'il reste candidat de toute éternité.

picato : A-t-on un point sur l'opinion des militants du PS : re-vote ou pas ?

Christine Garin : On n'a pas de point scientifique d'enquête faite sur un échantillon ou quelque chose de ce genre, mais pour ce qui me concerne, j'ai appelé une quinzaine de militants de toute origine géographique et de tout courant hier, et on peut dire que certains étaient pour l'organisation d'un nouveau vote, d'autres non, et que les avis étaient très partagés, sans toutefois recouper les clivages qui pourraient paraître évidents, à savoir certains partisans de Martine Aubry étaient pour l'organisation d'un nouveau vote, et certains partisans de Ségolène Royal, opposés à cela.

picato : Qui peut permettre d'enterrer la hache de guerre entre Royal et Aubry ?

Christine Garin : Personne. Je ne connais pas la personne qui pourrait être capable d'enterrer cette hache de guerre. Sûrement pas François Hollande.

bisso75 : Pensez vous que "les sages" du PS ont/auront la légitimité pour calmer les deux rivales ?

Christine Garin : L'éventualité de la création d'une commission de "sages" qui aurait pu être chapeautée par Robert Badinter a été évoquée, mais cette commission n'est pas créée et personne à la direction du parti ou dans les deux camps ne se prononce sur cette possibilité.

Utilisateur13 : Si on a triché dans les deux camps vendredi, on a dû tricher jeudi ; un nouveau vote ne devrait-il pas se faire avec Hamon à l'affiche ?

Christine Garin : On peut effectivement partir du principe que la tricherie est généralisée. Mais on peut dans ce cas-là remonter jusqu'au vote des motions. Le problème qui se pose aujourd'hui, c'est que la tricherie, qui paraît assez généralisé dans ce parti, a un impact particulier compte tenu du caractère très serré du score. Mais il faudrait, plutôt que de réorganiser les votes, sans doute à l'avenir mettre en place des procédures communes à toutes les fédérations sur le matériel électoral, les vérifications d'identité, etc., toutes choses qui, si l'on en croit les informations qui remontent du terrain, sont loin d'être la réalité.

Vitalba : Si les militants ne revotent pas, et compte tenu de toutes les réclamations de part et d'autre, comment la première secrétaire pourra-t-elle assoir son autorité et sa légitimité de manière incontestée ?

Christine Garin : Je pense qu'elle aura de toute façon du mal à asseoir cette légitimité, et c'est précisément pour cela qu'on peut parler d'une crise profonde, et sans doute durable, du Parti socialiste.

belineen : En cas d'élimination de Ségolène Royal, qui serait remis en selle dans le PS en dehors de Martine Aubry ?

Christine Garin : Seraient remis en selle autour de Martine Aubry les courants et les personnalités qui se sont rassemblés autour d'elle dans sa campagne, c'est-à-dire à la fois la gauche du PS, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius et les amis de Lionel Jospin. Autrement dit, un assemblage qui reste assez hétéroclite et qui partage des positions qui sont très loin d'être communes sur les sujets centraux.

madison.twist : Est-ce qu'il vous paraît possible qu'après le recomptage Ségolène Royal gagne ?

Christine Garin : Je n'en ai pas la moindre idée dans la mesure où les tricheries semblent avoir abondé dans les deux camps. Chacune des deux candidates étant majoritaire dans des grosses fédérations dont la réputation de transparence n'est plus à faire, à savoir les Bouches-du-Rhône et l'Hérault pour Ségolène Royal, certains départements d'outre-mer, la fédération du Nord, ou celle de Seine-Maritime pour Martine Aubry.

tibok : S. Royal, si elle veut devenir candidate à la prochaine élection présidentielle, n'a-t-elle pas intérêt à endosser le rôle de victime et à laisser la présidence d'un Parti aux bords de l'implosion, pour revenir encore plus forte dans deux ans ?

Christine Garin : Encore une fois, ça peut être une stratégie, mais on voit mal comment Ségolène Royal peut gagner la prochaine élection présidentielle si elle ne bénéficie pas de la logistique et du soutien politique du Parti socialiste.

atlantic : Y-a-t'il des précédents de recours au tribunal administratif lors de scrutins internes à des formations politiques en France ?

Christine Garin : A ma connaissance, non. Et c'est bien pourquoi il paraît assez baroque d'envisager de tels recours, une solution d'ailleurs que les partisans de Ségolène Royal semblent délaisser depuis la fin de matinée, alors qu'ils la réclamaient très fort encore hier.

koz : Selon vous, la plainte évoquée par Valls est-elle un simple argument de pression, ou est-elle véritablement envisagée ?

Christine Garin : Je pense que c'est une manière assez spectaculaire de montrer ses muscles et de jouer le rapport de forces dans l'opinion.

Daniel_S. : Une alternance à la tête du PS (dix-huit mois chacune) avant le prochain Congrès, est-ce envisageable ?

Christine Garin : C'est une solution amusante, que vous devriez souffler à Daniel Vaillant. Je pense qu'il trouverait cette issue fort sympathique...

# Posté le lundi 24 novembre 2008 13:02

Veillée d'armes au PS avant deux journées décisives

Veillée d'armes au PS avant deux journées décisives
Veillée d'armes au PS avant deux journées décisives

LEMONDE.FR | 23.11.08 | 20h55 • Mis à jour le 23.11.08 | 21h25

LES FAITS Depuis vendredi soir, le Parti socialiste se trouve dans une situation de blocage. Au terme du deuxième tour de scrutin qui devait permettre de désigner le successeur de François Hollande au poste de premier secrétaire, Martine Aubry est arrivée en tête avec 50,02 % des voix, soit 42 de plus que son adversaire, Ségolène Royal, qui conteste la validité de ce vote et demande la tenue d'un nouveau vote. Dans cette situation, François Hollande a annoncé que la décision finale reviendrait au Conseil national du parti, qui se réunira mardi soir.

LA POLÉMIQUE Alors que dans sa première intervention, samedi, Martine Aubry a appelé à l'unité du parti, se présentant comme "le premier secrétaire de tous les militants du PS", Ségolène Royal refuse de reconnaître sa défaite et reproche à Martine Aubry de "s'autoproclamer élue" alors que les résultats définitifs ne sont pas encore connus.

C'est une véritable guerre des chiffres que se mènent les deux camps, pointant des irrégularités dans telle ou telle fédération. L'affrontement pourrait même être porté devant la justice : Manuel Valls, un proche de Mme Royal, a annnoncé dimanche qu'une plainte serait déposée pour "faux en écriture" contre un décompte de voix de militants socialistes à Lille.

Au sein même du parti, une "commission de récolement" des résultats, réunie lundi et peut-être mardi, va devoir passer à la loupe les résultats du vote des militants de vendredi. Un rapport sera fait au Conseil national du parti pour l'aider à trancher. La "commission de récolement" est dirigée par le député Daniel Vaillant, un proche de Lionel Jospin, avec pour rapporteur Philippe Bonnefoy. Elle comprend trois mandataires de chaque camp, avec, en observateur, un représentant de l'eurodéputé Benoît Hamon, éliminé au premier tour.

LE PS AU BORD DE L'EXPLOSION ? : Le long épisode de la succession de François Hollande n'a que trop duré pour un parti chaque jour plus divisé. Vote sur les motions, Congrès de Reims, deux tours de scrutins pour désigner un nouveau premier secrétaire, et toujours pas de chef au PS. A droite on n'hésite plus à parler d'implosion du PS, mais les socialistes eux-mêmes conviennent du "climat de crise" (François Lamy) qui règne à Solférino. Sur RTL, Manuel Valls s'est dit "effrayé par le spectacle terrible donné depuis quelques jours" par sa formation politique.

L'UMP PEUT-ELLE EN PROFITER ? A droite, nombreux sont ceux qui raillent "l'image désastreuse" (Patrick Devedjian) donnée par le PS. Une porte-parole de l'UMP résume : au PS c'est "des combats d'égos dans un désert d'idées". Pourtant, les politologues sont nombreux à penser que l'affaiblissement du PS ne profitera pas nécessairement à l'UMP, mais plutôt à l'extrème-gauche, ou à François Bayrou.
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# Posté le dimanche 23 novembre 2008 17:57

PS : Royal reproche à Aubry de "s'autoproclamer" élue

PS : Royal reproche à Aubry de "s'autoproclamer" élue
PS : Royal reproche à Aubry de "s'autoproclamer" élue
LEMONDE.FR | 22.11.08 | 18h49 • Mis à jour le 22.11.08 | 20h42

Interrogée sur TF1, samedi 22 novembre, Ségolène Royal a reproché à son adversaire de "s'autoproclamer élue" alors que des décomptes ont toujours lieu. Pour Mme Royal, la maire de Lille s'est "précipitée" car "elle savait que les résultats sont en train de s'inverser". Elle a réclamé "un vote clair, incontesté et incontestable" et a estimé que les "vieilles méthodes" en vigueur au sein du parti y faisaient obstacle. Mme Royal a affirmé qu'elle attendait la réunion, mardi, du Conseil national du PS "avec calme et sérénité". C'est cette réunion qui devra valider le vote de vendredi et désigner le nouveau premier secrétaire du parti.

Si la victoire de Martine Aubry devait être confirmée, elle a confirmé qu'elle ne comptait pas quitter le parti. La présidente de Poitou-Charentes reste cependant persuadée qu'elle allait "gagner demain", malgré tous les obstacles que ses adversaires tenteraient de placer sur son chemin. "Les militants sont fatigués, à chaque fois qu'ils ont voté (trois fois au total), ils m'ont placé devant, et à chaque fois les règles du jeu ont changé", a-t-elle déploré.

Dans la pratique, les partisans de Mme Royal misent sur des irrégularités lors du vote pour obtenir un nouveau scrutin. L'avocat Jean-Pierre Mignard, proche de Ségolène Royal, a cité samedi soir plusieurs contestations du scrutin : à Lille, où on aurait constaté une "divergence de 20 voix en faveur de Martine Aubry", en Nouvelle-Calédonie, où "les 81,25 % des suffrages, soit environ 20 voix [recueillies par Mme Royal], (...) n'ont pas été pris en compte dans le calcul national". Il rappelle enfin l'erreur reconnue par la fédération de Moselle; où 12 voix ont été attribuées par erreur à Mme Aubry.

De son côté, Martine Aubry a fait samedi, depuis l'Assemblée nationale, sa première déclaration après le vote de vendredi. Alors que la succession de François Hollande à la tête du parti a vu les socialistes se déchirer, la maire de Lille, se mettant dans la peau du futur chef du parti, a adressé un message d'unité. "Dès que nos instances auront validé le résultat [du] vote, (...) je veux dire à tous très simplement que je serai le premier secrétaire de tous les militants du parti socialiste car aucun militant ne doit manquer au parti", a déclaré Mme Aubry lors d'une brève allocution. "La question n'est plus de savoir qui a perdu ou qui a gagné, nous aurons tous perdu si nous ne sommes pas capables de nous rassembler", a-t-elle poursuivi. Elle a appelé à un "renouveau" et une "renaissance" du parti, dont elle a affirmé : "nous le devons aux militants", évoquant notamment "des équipes aux couleurs de la France et en notre sein de toutes les sensibilités". Elle déclare enfin "comprendre la déception de Ségolène Royal, déception d'autant plus grande que les résultats ont été très serrés".
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# Posté le dimanche 23 novembre 2008 17:55